SUN RUNNERS ft DREAMCAST – « Alwys Be Your G » (Apron, 2019)

MY GIRLFRIEND – « Gidi » (Apron, 2019)

Aujourd’hui je vais juste parler des deux derniers morceaux mis en ligne sur le Bandcamp de Apron, label fondé par le magnifique Steven Julien, alias Funkineven.

On a d’un côté un gros brugnon bien juteux, qui dégouline au ralenti, une slow jam comme on dit aux States et sur Générations. C’est un titre extrait de Lust for Life, l’album de Sun Runners sorti fin janvier, un disque entièrement construit sur des samples étincelants de funk et de R&B des années 80. Sun Runners, c’est un des pseudos de ce proche de Julien (qui a co-produit et arrangé le disque) surtout “connu” sous le nom de Lord Tusk et qui travaille aussi avec Dean Blunt/Babyfather.

Chaque source prélevée par Lust For Life est à la fois respectée et surexploitée, l’ensemble de ses teintes et de ses reflets s’y retrouvent réglés au maximum de saturation, c’est vraiment de la belle ouvrage, rien de super acrobatique non plus, mais si vous aimez cette façon de fouler les boucles du groove jusqu’à la lie, cet album est sans aucun doute pour vous. Et donc il se trouve l’un des meilleurs titres de ce disque instrumental a fait l’objet voici quinze jours d’une version vocale par un artiste de Washington D.C. nommé Dreamcast, qui pose sa voix sans trop de chichis, on sent qu’il a pas passé trois jours sur le mix, mais ça donne un résultat génial, ajusté exactement comme il faut : certes il chantonne, mais il semble néanmoins très impliqué, sincère et bouleversé au moment même où il se trouve derrière le micro. Des accords qui l’accompagnent émane un feeling de désir et d’amour si librement, si profondément exprimé qu’il en vient même à se marbrer de ces tons légèrement tristes, bleu vert, bleu gris, bleu blanc, qui apparaissent quand on sent à quel point on aime quelqu’un pour la vie, et qu’on veut toujours rester son “G”, son gars, son petit gangster du cœur et que l’on ne pourrait jamais s’en séparer. C’est en tout cas un tube certifié dans mon espace personnel et j’espère ici pouvoir vous en transmettre le code d’accès.

L’autre tube de la semaine et je dirais tant qu’à faire du trimestre même si nous sommes déjà en avril, c’est un track house fait par My Girlfriend, c’est-à-dire deux Brésiliens, Benjamim (pas Benjamin) Sallum et Pedro Zopelar, qu’a croisés Steven Jullien lors d’une date à Sao Paulo en 2017. Ce soir-là Stevie a bien fait de ne pas rentrer à l’hôtel direct car ce que ces deux jeunes Paulistes lui ont livré, c’est un vrai trésor, un produit de haute qualité garanti par l’Office sud-américain de la spontanéité. Quelle rencontre, mes amis ! Une longue intro de clavier tout joyeux (un preset vibraphone, je dirais) qui annonce direct que l’ambiance va dégénérer, mais dans le bon esprit, puis une basse funky pleine de chair, qui se promène sans se couvrir du moindre tissu, si ce n’est peut-être un peu de tulle gras pour éviter les débordements, et puis un beat tout simple qui passe en voisin, en ami, on l’accueille les bras ouverts car tout le monde est content de le voir, on lui fait la fête mais bientôt on se fait tous la fête les uns aux autres, c’est comme quand il y a un but après une belle construction collective, on congratule autant les défenseurs au départ de l’action que l’avant-centre qui met le ballon au fond des filets – je vous assure que je ne fais pas cette comparaison parce que les mecs sont brésiliens, c’est pas du tout exprès, j’y ai même pas pensé jusqu’ici. Bref, en tout cas on attend la fin du mois pour avoir le EP complet de ce tandem plus que prometteur, d’autant plus qu’ils ont de la marge de progression puisque Benjamim a 19 ans et Pedro pas beaucoup, plus si j’en crois mes calculs.   

PS : si vous ne connaissez pas les sorties Apron, allez- les découvrir, testez notamment Ratgrave, deux Allemands jungle-jazz-funk qui font une sorte de Thundercat pris dans une discussion interminable de mecs bourrés avec Squarepusher, c’est top, top, top.

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