Quotidien de recommandation musicale

La Nouvelle-France en quatre maxis techno

FEADZ Alpha M
FDZ INC, 2019
TOXE / CRYSTALLMESS Split
Pan, 2019
DE GRANDI 11-100-JAILLE
TV Showw, 2020
DOLINE Vieux Nous
Paradoxe Club, 2020
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C’est pas toujours simple de suivre tout ce qui sort, ça peut même devenir très décourageant de devoir se tenir au courant, et puis même quand on trouve un truc bien, on ne prend pas toujours le temps de l’aimer et quand j’y pense ça me fait beaucoup de peine. J’ai tout de même réussi à sélectionner quatre EP mis en ligne ces derniers mois, tous produits par des Français, qui me donnent envie de sortir, de préférence dans des clubs de moins de 300 personnes avec si possible le DJ pas posté au dessus de la piste, ça me crispe.

FEADZ – Astro H (FDZ INC)

On commence par le plus âgé, en l’occurrence un vrai OG de la scène parisienne, Fabien Pianta alias DJ Feadz, et son EP sorti en octobre mais dont on n’a pas trop, voire pas du tout parlé, alors qu’il mérite des louanges unanimes. Je ne vais pas être très original en rappelant j’ai toujours considéré Feadz comme un DJ de génie, un manipulateur de disques hors norme, le genre de gars qui peut vraiment cocher la case « Sorcier » sur le site des autoentrepreneurs, mais je préciserai en revanche que je n’avais jusqu’ici jamais autant adoré des tracks de lui (à part « Pop The Glock » qui reste un classique après toutes ces années, je l’avoue). Le mec appelle ça « Techno Tools » parce qu’il ne veut pas se la ramener mais en vérité c’est une extravaganza de snares afrotech en panique, de FX sournois, de nappes qui ont la larme joyeuse et de breaks sudistes qui arrivent comme ça, sans envoyer de message ni même frapper à la porte. Je sais pas quoi dire. « Fabuleux » ? C’est en tout cas un vrai festin, on en redemande, continue comme ça Fabien, on est ensemble.

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TOXE / CRYSTALLMESS – Split EP (Pan)

Là je triche un tout petit peu puisque Toxe n’est pas française mais suédoise mais toujours est-il que ce split sorti à la toute fin 19 m’a fait mon Noël. Les tracks de la Scandinave m’ont retourné, surtout le premier qui sonne comme un reboot ultra-frais des tracks les plus club d’Aphex et Squarepusher circa il y a vingt ans. Les deux morceaux de Crystallmess ont la même (et pourtant très rare) capacité que ceux de Toxe à concilier éléments non-club et figures dance plus ou moins imposées, ça me rappelle quelques vieux chefs-d’œuvre (je pense notamment à Carl Craig, et aussi un peu au early dubstep du label Tempa et compagnie) mais en même temps c’est de la musique qui n’aurait jamais pu être faite à un autre moment qu’aujourd’hui, avec une manière très fluide d’agencer les choses malgré la densité du projet. Pour info, mon titre préféré des deux, « Atalaku », tire son nom du mot qui désigne en lingala les dédicaces que font dans leurs chansons les artistes africains aux hommes politiques et aux autres mecs qui pèsent. Je me rends compte d’ailleurs que j’ai rêvé cette nuit que j’écoutais le morceau « Ça va chauffer » des Grand Maquis All-Stars.

DEGRANDI – 11-100-JAILLE (TV Showw) // DOLINE – Vieux Nous (Paradoxe Club)

Deux jeunes types issus du crew Paradoxe Club que j’ai découverts via mon personal influenceur Teki Latex et qui signent des EP pour le coup pas toujours dominés par la DJ music « explicite » mais qui maîtrisent tout de même le façonnage de missiles, notamment sur « TTP » où De Grandi balance un breakbeat qui lui aussi me rappelle Carl Craig (mais pas le même Carl que celui que j’entends chez Crystallmess), puis un drop strident tout en contraste suivi lui-même d’une sorte de mixte des deux, j’adore ce retour du breakbeat midtempo mais conquérant. Doline joue un peu moins sur l’alternance drum/drumless que De Grandi et évolue davantage dans une zone de contrôle comme sur l’autoroute, où il ne faut pas rouler trop vite mais pas non plus ralentir comme un senior au moindre problème. C’est là aussi de la musique électronique qui malgré ses références regarde assez peu vers le passé, ou du moins qui ne lui rend pas hommage comme un gros faible . Et il y a au milieu de ce EP très ouvert et très expérimental (au sens relax du terme) un vrai hit, le morceau-titre « Vieux Nous » qui rentre dans le grand temple des tubes électropop instrumentaux, et traverse fièrement la galerie qui mène de la chapelle Drexciya à la salle Rephlex.

NB : ÉVIDEMMENT, JE SAIS QU’IL DOIT Y AVOIR PLEIN D’AUTRES DISQUES DE TECHNO SUPERBES QUI SORTENT EN FRANCE EN CE MOMENT-MÊME, N’HÉSITEZ PAS À ME LES ENVOYER SUR TWITTER OU AUTRE

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