C’est pas compliqué : Aurra est un de mes groupes favoris de l’ère disco-funk et je vois mal comment vous pourriez ne pas être du même avis que moi. Vous les connaissez peut-être via le remix que Larry Levan a fait de leur titre « When In Come Home » en 1980, ou alors par le tube « Checking You Out », chef-d’œuvre dialogué sur le thème du teenage crush (mutuel, évidemment). C’est de la musique qui vous envoie immédiatement sur la planète bon délire, sur la planète love, sans passer par des chemins trop psyché. C’est même assez sage voire scolaire mais c’est justement ce côté faussement appliqué, au sens presque enfantin et mignon, qui fait tout le caractère de leur musique. Le groupe était signé sur Salsoul mais venait de l’Ohio ; il a été fondé Curt Jones et Steve Washington, un ex-membre de Slave, autre groupe funk adepte de la basse slappée à tous les repas, dont le leader Steve Arrington a bossé ces dernières années avec Dam Funk et tout récemment Thundercat. Leur grosse particularité, ce qui leur donne une si belle âme, c’est que tous les tracks sont chantés à deux voix, celle masculine de Curt Jones et celle féminine, et irrésistible, de Starleana Young. Ça rend toutes leurs chansons comme animées par un double feeling, une ambiance forcément très love – mais que je trouve plus fleur bleue que strictement baise – une dialectique éloignement/rapprochement qu’on ne retrouve pas chez beaucoup d’autres artistes disco ou funk.
En tout cas je me suis dit qu’en ce 14 février, que vous fêtiez ou non la Saint-Val’, ce serait pas mal d’écouter ces morceaux parfaits, avec leur fini gloss, leur linéarité qui finit par hypnotiser, leur drums tellement bien mixés, leur groove qui ne vous prend pas pour n’importe qui. C’est de la pop au sens propre, c’est-à-dire un petit truc qui se chante toute la journée avec insouciance avec vos amoureux.ses et vos ami.e.s, ou qui se danse très sérieusement seul au volant (comme mon ami Lionel dans sa Seat sur les freeways du Vaucluse), mais qui en même temps touche le cœur du sentiment de fragilité, de naïveté et de sincérité pure qui définit le premier amour, et qui si tout se passe bien doit faire aussi tenir l’amour éternel et sans cesse renouvelé qui guide la vie des gens heureux.
Cette anthologie est très bien foutue mais je vous conseille aussi l’album A Little Love qui contient mon morceau préféré d’eux, le poignant « Patience » et ses changements d’accord qui me font littéralement fondre à chaque fois, et le méga jouasse « In My Arms ».
Par ailleurs, vous l’avez sans doute remarqué mais ces jours-ci, je poste un peu plus tard que d’habitude, voire je ne poste pas du tout, je vous prie de bien vouloir m’en excuser, mais j’ai été un peu pris par des obligations PRO. Ça va revenir au rythme habituel dans pas longtemps. Bisous bon weekend et merci !