Quotidien de recommandation musicale

Les cinq tubes de l’été 2021 enfin démasqués !

Jwles Uzine (prod. by Mad Rey & V900)
Promesses, 2021
SWEEPSCULP Plaudable
Nous'Klaer Audio, 2021
GAVSBORG Domestic Termites Love Rock Music
EquiknoxxMusic, 2021
L'Algérino feat SCH & Jul Sapapaya (Prod by Skalpovich)
Universal, 2021
TUSKEN RAIDERS (MIKE PARADINAS) 100 Storeys High
Planet Mu, 2021
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Un titre qui colle à l’actu : quoi de mieux pour lancer la campagne Musique Journal en faveur de cinq chansons récentes évoquant chacune à leur manière la beauté et l’excitation de la saison chaude, vécue cette année sans masque étouffant et avec la possibilité de danser et chanter ensemble sous le cagnard ? Normalement ce genre de titraille « en prise avec l’époque » est l’apanage des cadres de la grande presse, type Jean-Vic Chapus (cf. « Le rock anglais va-t-il perdre son triple A ? », son classique de 2013), mais comme la connexion Audimat/MJ/Siestes est en train de devenir sérieusement influentielle sur le territoire médiatique, je me permets à mon tour d’utiliser ce genre de tricks de pros.

Les cinq tubes de l’été sélectionnés ci-dessous ne sont pas objectivement des vrais tubes de l’été, sauf un (peut-être deux, en tout cas on le souhaite à Jwles). Je n’ai pas particulièrement cherché à traquer et prédire quels allaient être les hits réels de l’été 21, en France ou ailleurs, même si je serais ravi que vous me fassiez découvrir des tracks susceptibles de le devenir. Ce sont juste cinq morceaux que j’ai écoutés avec passion ces dernières semaines, et qui collent bien à l’ambiance, ou, en tout cas, à mon ambiance.

JWLES – « Uzine » (prod. by Mad Rey & V900)

Simplicité et planance estivale sont les mots-clés de ce son co-produit par Mad Rey pour le jeune rappeur Jwles. Jusque-là je n’étais pas du tout réceptif à la musique de Mad Rey mais ici, lui et son co-producteur V900 ont tout défoncé avec cette instru house, dans un style néo-French Touch, soutenue par une basse façon Braxe/Falke et des nappes fragiles qui scintillent à l’horizon. Et puis ce rappeur blanc aux cheveux méga longs est super fort, il réussit à éviter ce truc infernal du rap semi-parodique crispant, tout en restant drôle (« Je reste cool comme Shen » ou encore « On les sélectionne comme Didier » – c’est plus marrant quand c’est lui qui le dit), et sans pour autant nous faire croire qu’il vit pour de vrai dans Top Boy. Ce morceau fait partie de l’excellente compilation sortie en mars par le label parisien Promesses, dont je reparlerai sans doute bientôt, et depuis le mercato de la zique a vu Mad Rey transféré chez Ed Banger et un nouveau track incroyable avec Jwles a du coup été mis en ligne la semaine dernière, avec un gars qui danse hyper bien dans le clip – c’est moins tube de l’été, on est plus chez Omar-S, ça s’écoute plus tard dans la soirée, mais ça tue sincèrement.

SWEEPSCULP – « Plaudable »

Click and cuts : the summer edition. On dirait du .SND fait au bord d’une piscine sans personne qui nage dedans, ou à l’orée d’un bois avec une guitare (en bois aussi) à guetter l’aube d’été, comme Arthur dans son célèbre poème. Sweepsculp est un alias de la productrice néerlandaise upsammy, de son vrai nom Thessa Torsing, qui a commencé par faire plutôt de la techno et de l’electro, mais qui depuis l’an dernier semble s’orienter vers un sensualisme loungetronica/click’n’B très envoûtant. Tout ce premier EP de Sweepsculp est mortel, mais ce premier morceau m’a parlé à fond, sans doute parce qu’il aurait pu être, en exagérant un peu, une instru du dernier album d’Erika de Casier.

GAVSBORG« Domestic Termites Love Rock Music »

C’est l’avant-dernière release du label jamaïcain EquiknoxxMusic et c’est fantastique, entre hier et demain, le lovers rock et Nintendo, la douceur et le skank, les vrais zicos et le robotisme, entre le très peu et le trop-plein – je l’écoute en boucle en boucle en boucle, en suspension totale de mon jugement et de mon activité professionnelle. La ligne mélodique est empruntée à ce qui m’a l’air d’être un morceau soul AOR assez connu dont je ne retrouve pas le titre, avec deux vocalistes je crois, ça m’énerve un peu de pas localiser la référence, mais ce titre impose une telle sérénité que j’arrive vite à faire abstraction. Sur le même EP il y a un son aux influences pop sud-américaines, qui est également dingue. Bravo Gavsborg, reste sur ce chemin, c’est incroyable.

L’ALGERINO ft SCH & JUL – « Sapapaya »

Bon là c’est complètement autre chose, j’ai découvert ce hit à 13 millions de vues en voiture l’autre jour, sur Skyrock, les fenêtres ouvertes alors que nous gagnions le centre de la capitale, mais que nous laissions Marseille gagner encore une fois la timbale du tube français de l’été. L’instru à base de funk compressé brutalement rappelle moins la French Touch historique que la house filtrée générique qui essaimait partout dans le monde au tournant du millénaire, comme ce tube tellement abusé mais tellement fatal de Michael Gray (avec un clip dans la « tradition » des clips avec des femmes qui se désapent sans aucune raison). Bref, SCH et Jul sont très contents de balancer des couplets à leur ami L’Algé, ça ne se présente pas comme le successeur de « Bande Organisée » même si c’est presque aussi efficace, et j’aime bien cette humilité (relative) de la part des trois Phocéens. Je ne me prononcerai pas sur le clip avec la longue intro, L’Algé en maire de Marseille qui fait un sketch avec Mohammed Henni, et les faux Daft Punk en survêt de l’OM. À vous de juger.

TUSKEN RAIDERS – « 100 Storeys High »

J’avais pas du tout vu venir Mike Paradinas dans la course au tube de l’été 21, lui qui a pourtant été une de mes idoles de jeunesse avec sa techno-IDM spasmophile et romantique. Mais il s’est imposé à moi lorsque j’ai écouté ce titre extrait de sa série de EP Housewerk, qu’il décrit lui-même comme un hommage à la rave music de son adolescence. Sur ce volume 4, mis en ligne le mois dernier, il envoie cet anthem deep estival à faire pleurer dans les paillotes, où se bousculent nappes bourdonnantes (dans les deux sens du terme) noyées dans l’azur, une boucle de 303 apaisée, et un sample de « Disco Inferno » des Trammps qui donne au truc une touche soulful extrêmement bien trouvée. Plus un break vient s’ajouter au 4/4 à mi-chemin, et honnêtement quand j’ai écouté le son pour la première fois j’ai eu envie d’entendre un rappeur arriver, un rappeur-chanteur français, qui alternerait couplets introspectifs et refrains déchirants qui montent dans les aigus sous autotune. En gros, j’ai eu envie d’entendre Jul ou Ademo, mais je crois hélas que ça ne se fera jamais, même si ce n’est pas très grave au fond.

Bon weekend, bons tubes, envoyez les vôtres si vous voulez, on est ensemble, et abonnez-vous si c’est pas déjà fait. Merci, bises !

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