Quotidien de recommandation musicale

La France va (toujours) mal : 6 semaines de metal, 6 disques, 6 visions chaotiques

Dirge Vanishing Point
Division Records, 2021
Grorr Ddulden's Last Flight
ViciSolum Productions, 2021
Fléau EP
Red Scare Industries, 2021
Intraveineuse Chronicles of an Inevitable Outcome
DIY, 2021
Nature Morte Messe basse
Source Atone, 2021
Violence Opus I
Raw Audio Distortion, 2021
Écouter
Spotify
Deezer
Apple Music
YouTube
Bandcamp
Écouter
Spotify
Deezer
Apple Music
Bandcamp
Écouter
Spotify
Deezer
Apple Music
YouTube
Bandcamp
Écouter
Spotify
Deezer
Apple Music
YouTube
Bandcamp
Écouter
Spotify
Deezer
Apple Music
Écouter
Spotify
Deezer
Apple Music
Musique Journal -   La France va (toujours) mal : 6 semaines de metal, 6 disques, 6 visions chaotiques
Chargement…
Musique Journal -   La France va (toujours) mal : 6 semaines de metal, 6 disques, 6 visions chaotiques
Chargement…
Musique Journal -   La France va (toujours) mal : 6 semaines de metal, 6 disques, 6 visions chaotiques
Chargement…
Musique Journal -   La France va (toujours) mal : 6 semaines de metal, 6 disques, 6 visions chaotiques
Chargement…
Musique Journal -   La France va (toujours) mal : 6 semaines de metal, 6 disques, 6 visions chaotiques
Chargement…
Musique Journal -   La France va (toujours) mal : 6 semaines de metal, 6 disques, 6 visions chaotiques
Chargement…
S’abonner
S’abonner

DIRGE – Vanishing Point (Division Records)

Durant 25 ans, Dirge fut le chaînon manquant hexagonal entre Godflesh et Neurosis. Je parle au passé car le groupe parisien a annoncé sa séparation en 2019. En guise d’adieu, ils ont publié cette compilation regroupant 19 titres sortis entre 1994 et 2020. Batterie métallique, atmosphère oppressante, chakras blessés : on dérive ici de l’industrial metal au post-metal sur des plages dépassant parfois les 10 minutes. Le groupe n’aurait clairement pas pu passer dans Best of Trash sur M6 durant les années 1990. Mais d’ailleurs, tournait-il seulement des clips ? Ça n’a pas l’air d’être le genre de la maison. Après avoir créé leur propre structure, Blight, Dirge avait rejoint le label de metal extrême Debemur Morti, preuve de leur ouverture d’esprit, ou plutôt de leur fermeture au reste du monde. On sent d’ailleurs bien cette évolution sur le CD1, qui sombre lentement dans l’ambient angoissant. Très peu de chant, ou alors pour réciter des mantras hypnotiques, ce qui est toujours une bonne idée pour un groupe français. Vous aussi, visez le point limite zéro et noyez-vous dans le metal funèbre de Dirge.

FLEAU – Fléau (Red Scare Industries)

Quoi, c’est pas du metal ? Regardez bien la pochette, écoutez bien l’intro de « Souffrance” et dites-moi que cette merde n’est pas heavy. Sans doute en raison de mon écoute intensive de Cirith Ungol ces dernières semaines, je vois du heavy partout. Soit. Le sillon oi! brutal creusé à coups de boots par Rixe continue de faire jaillir de grosses patates. Celle-ci atterrit directement dans la tronche, en provenance de Lyon. Et même si un expert en la matière (dont je conserverai l’anonymat) a qualifié ce groupe de “BFM TV de la oi!”, ces quatre titres sont bien plus réussis que certaines parodies qui ont pu voir le jour de l’autre côté des Pyrénées. De la oi! qui tire autant sur le heavy metal que sur le punk donc, produite par une “bande de mercenaires” influencés par l’année 1982 en Angleterre. C’est sorti sur un label culte ricain (plus un français et un allemand), ce qui fait que même Brooklyn Vegan en a parlé. Pas besoin d’en savoir plus, “Gloire éternelle” est déjà un tube.

GRORR – Ddulden’s Last Flight (ViciSolum Productions)

Histoire de ne pas mentionner le nouvel album de Gojira, non pas par snobisme (allez si, ok) mais parce que la grande presse vous l’a déjà prescrit, attardons-nous plutôt sur leurs voisins de Grorr, originaires de Pau – qui n’est qu’à 1 h 15 de route d’Ondres par l’A64. C’est dit. Mais… ne serait-ce pas une cithare qui s’égosille ? En effet, depuis sa naissance il y a quinze ans, Grorr agrémente son metal progressif d’instruments non conventionnels. Tout ça donne une couleur très soundtrack régional à leur quatrième album, qui conte le dernier vol de Ddulden. La b*te à Ddulden ? Oula ! Je vous arrête tout de suite : qui dit folk metal ne dit pas forcément gaudriole, et ce n’est pas Boisson Divine (de Gascogne) qui diront le contraire. Bref, comme souvent dans le prog, on se passerait bien du chant, qui rappelle les heures sombres du post-grunge et contraste puissamment avec leur proposition “world metal”. Les envolées djent de certains riffs (qui font instantanément taper des mains sur son bureau ou tout autre objet en matière noble se trouvant à proximité) prouvent que les mecs touchent et ne sont pas juste là pour partager des herbes magiques ramenées de leur dernier voyage par delà le Caucase. Info importante : il y a deux bonus tracks à l’album sur Bandcamp. #BandcampEveryday

INTRAVEINEUSE – Chronicles of an Inevitable Outcome (DIY)

Fans transis de Type O Negative, arrêtez-vous un instant et ravalez votre mépris pour les T-shirts vintage du groupe qui s’arrachent à 666 dollars sur Grailed. Au moins l’espace de 32 minutes, puisque c’est la durée de cette unique track signée Intraveineuse, un tout nouveau projet francilien qui sent bon le trottoir mouillé et le cuir acheté aux Puces. Dans l’esprit, on n’est pas très loin de Hangman’s Chair, certainement l’un des meilleurs groupes français de ces dix dernières années, donc c’est plutôt bon signe. Un doom moderne teinté de goth metal avec plein de claviers qui font froid dans le dos, ce qui  rappelle aussi quelques bonnes chansons de Paradise Lost (car oui, il y en a plein). À part ça, quand on n’a pas la voix de Peter Steele, on s’abstient, et le duo l’a bien compris. Très inspiré sans être calqué, râlant sans être relou, je salue l’effort. Et même si j’ai surtout passé ce dernier mois avec la Démo 94 de Merauder en intraveineuse, je me suis déjà injecté cette dose trois fois.

NATURE MORTE – Messe basse (Source Atone)

Le blackgaze n’est pas un nouveau concept développé par les ethnic studies (quoique ça doit exister) mais bien un genre à part entière qui, vous l’avez déjà deviné, mélange shoegaze et black metal pour le plus grand bonheur des post-étudiants. Si j’ai tenu à mentionner ce disque c’est aussi en partie en raison de sa pochette, sublime photo d’une sortie de baptême, circa 1981 d’après la lumière. La lumière, ces sept titres n’en manquent pas, notamment le premier, “Only Shallowness”, qui aurait presque pu être une reprise de My Bloody Valentine, ces gros vendus désormais disponibles sur les plateformes de streaming ! Le reste m’a parfois fait penser à Alcest, pilier du genre, et m’a même fait me dire des choses comme “tiens, c’est beau ça” ou « un peu répétitif à partir de la cinquième minute quand même ». Hey, ça reste du black metal, hein. Leur label Source Atone héberge également les excellents Junon dont je recommande méga-chaudement l’écoute.

VIOLENCE, NIVEAU ZERO – Opus I (Raw Audio Distortion)

Je mentionnais plus haut le célèbre programme Best of Trash, celui qui illuminait les nuits de M6, chaque jeudi, entre 1994 et 2000. Eh bien nous sommes à nouveau en plein dedans avec Violence, Niveau Zéro, groupe qui s’appelle en réalité Violence tout court, Niveau Zéro étant le nom de leur producteur, crédité sur la même ligne du player, mais comme je viens juste de le capter, je préfère laisser comme ça – ça en jette plus. Amalgame de tous les courants metal qui existaient à l’époque (nu-fusion-indus-metal-core), le trio a été formé par un ancien membre de L’Esprit du Clan, ce qui n’est pas étonnant. Sur cet Opus I, la présence de Billy Graziadei (guitariste et chanteur du groupe new-yorkais Biohazard) et l’excellent titre en compagnie de HORSKH (trio hard electro de Besançon) nous feraient presque passer l’éponge sur les phases dubstep de certains morceaux. Le tout est bruyant sans être noise, varié sans être un jukebox, et malgré quelques moments gênants, il y a une proposition artistique indéniable. Et pour continuer de célébrer comme il se doit les 25 ans de l’année 1996 (qui a enfanté, en vrac, Filth Pig, Roots, Mata Leao, October Rust ou Aenima), jetez donc une oreille à FauxX. Ce sera tout pour cette fois.

×
Il vous reste article(s) gratuit(s). Abonnez-vous pour continuer à nous lire et nous soutenir.